Wi-Fi 7 (802.11be) est certifié depuis janvier 2024. Début 2026, la question n’est plus de savoir si ça marche, mais ce que ça change pour un parc d’entreprise, et quand. Trois nouveautés portent l’essentiel : la bande 6 GHz, les canaux de 320 MHz, le MLO. Le tri, point par point.
La bande 6 GHz, qu’est-ce que ça apporte ?
En Europe, la bande 5945 à 6425 MHz est ouverte au Wi-Fi : 480 MHz de spectre en plus, réservés de fait aux équipements récents (Wi-Fi 6E et 7). Concrètement : des canaux propres, sans les réseaux voisins ni les équipements anciens qui encombrent le 2,4 et le 5 GHz. Pour un plateau de bureaux dense, c’est le gain le plus concret du Wi-Fi 7.
La contrepartie se mesure aussi : à puissance égale, le 6 GHz s’atténue plus vite que le 5 GHz, surtout à travers les cloisons. Une couverture 6 GHz sérieuse se conçoit sur plan, avec des bornes parfois plus nombreuses ou repositionnées.
Les canaux de 320 MHz, utiles au bureau ?
Le canal de 320 MHz double le maximum du Wi-Fi 6E (160 MHz). Sur le papier, le débit suit. En pratique, les 480 MHz européens du 6 GHz ne logent qu’un seul canal de 320 MHz : deux bornes voisines réglées ainsi se marchent dessus. Un parc d’entreprise se conçoit avec des canaux de 40 ou 80 MHz, réutilisables d’une borne à l’autre. Le 320 MHz reste un outil de cas particulier : un pont point à point, une petite zone isolée à très haut débit.
Le MLO, le vrai changement ?
Multi-Link Operation : un poste Wi-Fi 7 s’attache à plusieurs bandes en même temps (5 et 6 GHz par exemple) et bascule de l’une à l’autre sans se réassocier. Quand une bande sature ou prend une interférence, le trafic glisse sur l’autre. Résultat attendu en entreprise : une latence plus stable, moins de micro-coupures en visioconférence et en VoIP, un roaming plus doux. Pour un usage bureautique, c’est le MLO, plus que le débit crête, qui justifie le Wi-Fi 7. Le Multi-Link Operation peut permettre à un terminal Wi-Fi 7 compatible d’utiliser plusieurs liens radio, mais les bénéfices réels dépendent du mode MLO implémenté, des pilotes, de l’infrastructure et des conditions radio.
Et les chiffres de brochure ?
Trois chiffres situent la marche, à lire avec prudence : 46 Gbit/s de débit théorique maximal, contre 9,6 Gbit/s en Wi-Fi 6 ; une modulation 4096-QAM qui ajoute environ 20 % de débit par rapport au 1024-QAM, à condition d’un signal excellent ; des canaux deux fois plus larges. Le débit réel d’un poste dépend du poste, de la distance et de l’environnement radio : la brochure décrit un laboratoire, pas un open space.
Concrètement, pour un parc en 2026 ?
La règle tient en trois lignes. Bornes en fin de vie : passer en Wi-Fi 7, le surcoût est devenu faible et le matériel durera. Bornes Wi-Fi 6 ou 6E récentes : rien ne presse, les postes capables d’exploiter le Wi-Fi 7 restent minoritaires dans les flottes début 2026. Dans tous les cas : une couverture 6 GHz se dimensionne, sur plan ou par mesures, avant d’acheter quoi que ce soit.
